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Engagement des forces françaises en Syrie : intervenir, oui, mais dans quelles conditions?

L’Assemblée nationale a repris ses travaux cette semaine, avec un ordre du jour déjà chargé ! Mardi,  nous étions invités à débattre en séance publique sur l’engagement des forces aériennes françaises au-dessus du territoire syrien.

En réponse à la déclaration du Gouvernement, qui a fait appel à l’émotion,  à l’unité, à la responsabilité, etc… Christian Jacob, Président du Groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale, est monté à la tribune pour défendre la position de notre Groupe. Une position claire, ferme et pragmatique.

Sur ce dossier pourtant brûlant, le Président de la République s’est encore une fois révélé aux abonnés absents. Sans cap ni stratégie, changeant d’avis d’un jour à l’autre sur des questions pourtant essentielles, il a été incapable de prendre une décision claire.

Déjà en 2013, le Président de la République avait convoqué le Parlement pour l’informer de sa décision d’engager l’armée française en Syrie. Même débat, donc, que celui de cette semaine.  Le Parlement avait alors débattu d’une décision que le Président de la République n’avait pas encore formellement prise et que, d’ailleurs, il ne prendrait pas, s’étant aligné sur la position des Américains, qui entre-temps avaient changé d’avis. Un grand moment de courage et de leadership présidentiel !

Depuis, la situation est devenue incontrôlable. L’État islamique fait régner la terreur et le chaos sur les territoires qu’il contrôle en Irak et en Syrie où viol, torture et esclavage des femmes sont devenus le lot quotidien des populations soumises. Les chrétiens d’Orient, les Yézidis, les Kurdes assistent quant à eux, impuissants, à leur extermination.

Face aux tergiversations du Président de la République et du gouvernement, le Groupe des Républicains reste pour sa part sur la ligne qui était déjà la sienne en 2013 : oui à une intervention en Syrie, mais à plusieurs conditions. D’abord, avec une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, qui impose un dialogue avec les Russes. Ensuite, avec une coalition des puissances voisines, Turquie et Arabie Saoudite  notamment.

Car la question n’est plus de savoir s’il faut intervenir. Refuser d’intervenir, ce serait poser un genou à terre face à Daesh. La question est de savoir comment nous intervenons.

Avant toute chose, il est essentiel que le Président de la République précise les objectifs de la France en Syrie. Quel est notre objectif prioritaire ? Est-ce le départ de Bachar al Assad, ou est-ce la défaite de Daesh ? Si réellement, c’est bien cet objectif que nous poursuivons, alors il faudra emporter l’adhésion de tous les pays qui ont des intérêts à défendre dans la région, et parfois faire des compromis, quoi qu’il en coûte à l’orgueil présidentiel.

Par ailleurs, des frappes exclusivement aériennes – tous les militaires le disent – risquent de n’être qu’un coup d’épée dans l’eau. Seul un engagement total d’une grande coalition permettra d’éradiquer Daesh. Bien entendu, nos soldats auront notre soutien en Syrie, comme ils l’ont en Irak ou au Mali.

Maintenant, au Président de la République de prendre enfin ses responsabilités.

Article posté le 16 septembre 2015