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Crise grecque : Alexis Tsipras doit passer de la parole aux actes avant tout !

A la demande des députés, un débat a eu lieu hier à l’Assemblée nationale sur la situation de la Grèce.

Le Premier ministre a ouvert ce débat en nous exposant − non sans difficultés − la position de la France face à la situation grecque.

Manuel Valls a d’abord pris soin de ne pas froisser ceux de sa majorité qui, avec le Front national, applaudissent des deux mains la victoire du non au référendum et veulent voir en Alexis Tsipras le défenseur du peuple opprimé face à une Europe aux mains des banques et des technocrates. En réalité, ceux-là même qui disent vouloir défendre les peuples oublient que ces « créanciers » qu’ils vilipendent, ce sont avant tout les contribuables,  français et européens, qui tous ont permis de financer les différents plans de sauvetage dont a bénéficié  la Grèce.

Annonçant à la tribune de l’Assemblée nationale qu’il refusait catégoriquement que la Grèce sorte de la zone euro, le Premier ministre en a appelé à la solidarité européenne, acceptant de fait un rééchelonnement de la dette grecque et un nouveau prêt européen pour maintenir l’économie grecque à flots.

Comment, dès lors, espérer obtenir une quelconque contrepartie du gouvernement grec ? Comment espérer parvenir à un accord juste et équilibré, dans lequel le gouvernement d’Alexis Tsipras s’engagerait réellement à faire les réformes qui s’imposent, quand on cède à toutes ses demandes avant même que la négociation n’ait eu lieu ? Drôle de façon d’envisager une négociation ! Encore une fois, le gouvernement français n’a pas été au rendez-vous, laissant à son partenaire allemand le « mauvais » rôle.

Le Groupe Les Républicains a ainsi dénoncé à la tribune l’absence de cap du gouvernement sur ce dossier, regrettant qu’aucune position ferme ni constante n’ait été prise par la France.

Quel qu’ait été le résultat du référendum, il n’en reste pas moins que la Grèce est aujourd’hui dans une impasse. Le constat ne peut qu’être sévère : aucune réforme sérieuse n’a été engagée par Alexis Tsipras depuis son arrivée au pouvoir. Quel crédit, alors, accorder aux déclarations de bonnes intentions d’aujourd’hui ?

L’Espagne, le Portugal, l’Irlande, eux aussi dans des situations difficiles au cours de ces dernières années, ont fait des efforts considérables qui ont porté leurs fruits. Il ne serait pas juste d’offrir un traitement particulier à la Grèce alors même que ses gouvernements n’ont pas voulu faire ces efforts auxquels d’autres ont consenti.

Nous ne pouvons nous contenter des belles paroles d’Alexis Tsipras, certes bel orateur,  mais qui n’a toujours pas pris une seule mesure prouvant sa bonne foi. A l’initiative de ce bras de fer engagé avec ses partenaires européens, c’est à lui de nous convaincre, pas à nous de lui accorder quoi que ce soit avant même que le moindre effort n’ait été consenti de sa part.

Manuel Valls s’est engagé à soumettre au vote du parlement français l’accord qui aura été conclu entre le gouvernement d’Alexis Tsipras et ses partenaires.

Je serai particulièrement attentif au contenu de cet accord qui devra comporter des engagements réels de la part de la Grèce.

 

Article posté le 9 juillet 2015