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Chrétiens d’Orient : le patriarche de l’Eglise syriaque orthodoxe d’Antioche reçu à l’Assemblée nationale

A l’initiative de notre collègue Jean-Frédéric POISSON, Député des Yvelines et Président du Parti Chrétien Démocrate, trois représentants des chrétiens d’Orient ont été reçus aujourd’hui à l’Assemblée nationale.

Le patriarche de l’Eglise Syriaque Orthodoxe d’Antioche, Ignace Afrem II Karim, était ainsi présent, accompagné de l’archevêque Son excellence Mgr Severe Hazail Soumi, responsable de l’archidiocèse France Belgique Luxembourg, et de Mgr Dionysos Jean Kawak, évêque de Damas.

Cette réunion a permis de faire le point sur le sort dramatique des chrétiens d’Irak et de Syrie, persécutés par les djihadistes de l’Etat Islamique (EI) et contraints à l’exil, ainsi que sur leurs besoins immédiats, leurs attentes et leur avenir dans la région.

 

Plusieurs points à retenir de cette rencontre :

- Tout d’abord la notion de génocide. Pour le Patriarche, cela ne fait aucun doute : ce qui se passe aujourd’hui en Irak et en Syrie pour les chrétiens est un véritable génocide. Car c’est bien l’extermination des chrétiens, en raison de leur religion, qui est visée par les combattants de l’EI. Ainsi persécutés,  ces chrétiens d’Orient n’ont d’autre choix que l’exil. Les chrétiens d’Irak ont ainsi été contraints de fuir Mossoul pour se réfugier dans les villages chrétiens alentours, puis de fuir également ces villages chrétiens, pris par les djihadistes qui y font régner la terreur.

Le Patriarche a ainsi insisté sur la situation désastreuse de ces chrétiens déplacés qui se retrouvent dans les rues ou dans les églises, sans endroits où aller ni être accueillis. En raison de conditions climatiques extrêmement rudes (chaleurs écrasantes qui laisseront bientôt place à des températures négatives)  les plus faibles d’entre eux ne survivent pas.

Le Patriarche a donc rappelé l’urgence première pour ces populations : l’aide humanitaire.

 

- Autre demande pressante émise par le Patriarche : un soutien de la communauté internationale pour aider les chrétiens d’Orient à se défendre pour qu’ils puissent rester en Orient. Sur ce point le Patriarche a été clair : les chrétiens d’Orient veulent rester en Orient, là où ont leurs racines, leur culture et toute leur vie. Bien plus que d’être accueillis en France, ces chrétiens souhaitent rester en Orient et y être protégés, l’exil ne pouvant être une solution.

 

- Enfin, interrogé sur l’avenir de ces chrétiens d’Orient, le Patriarche a confié ne plus croire en une solution qui permettrait aux chrétiens de vivre en paix et en sécurité sur l’ensemble du territoire irakien, même si cette option garde  bien sûr, aujourd’hui encore, leur préférence. Ce dernier a donc appelé de ses vœux une solution de repli qui lui paraîtrait acceptable par tous (Bagdad ne serait pas hostile à cette solution prévue dans la constitution de 2005) et qui s’inspirerait du Kurdistan : la création d’une région chrétienne autonome en Irak, protégée par la communauté internationale dans un premier temps.

 

Le Patriarche a par ailleurs évoqué en fin de rencontre les deux évêques d’Alep, enlevés au mois d’avril 2013 et dont on reste à ce jour sans aucune nouvelle. Là encore, l’église syriaque compte sur l’aide de la France pour obtenir la libération de ces deux hommes.

 

 

Article posté le 9 septembre 2014