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Afflux de migrants vers l’Europe, une seule réponse pérenne : le développement

Le ministre de l’Intérieur a annoncé la semaine dernière un plan dit « ambitieux »  pour l’accueil des migrants, censé apporter une réponse aux flux de clandestins qui tentent de rejoindre l’Europe.

Le ministre de l’Intérieur a ainsi annoncé la création, pour les demandeurs d’asile, de  4 000 places supplémentaires en 2016, qui viendront s’ajouter aux 4 200 places déjà promises pour la fin 2015. Au total, ce sont donc 8 200 places supplémentaires qui seront créées pour « fluidifier » le parcours des demandeurs.

Pour les personnes ayant déjà le statut de réfugié, le plan prévoit la création avant 2017 de 5 000 places de logements « accompagnés » et 500 places en centre provisoire d’hébergement. Enfin, pour les migrants présents sur des campements insalubres, 1 500 places d’hébergement d’urgence vont être mobilisées d’ici la fin de l’année.

En réalité, ces mesures d’ « urgence » n’apportent pas de réponse adaptée ni pérenne à l’accroissement de l’immigration clandestine auquel la France se trouve confrontée. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : d’ici 2050, la population de l’Afrique subsaharienne aura doublé. La Tanzanie comptera alors autant d’habitants que les États-Unis. D’ores et déjà, les villes d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine comptent chaque mois 5 millions de nouveaux habitants. 73,4 millions de jeunes sont au chômage dans le monde, dont 1 sur 4 au Maghreb et au Moyen-Orient et 60% des écosystèmes de la planète ont été dégradés au cours des 50 dernières années.

Ces chiffres nous montrent que les vagues d’immigration et les déplacements de populations auxquels nous assistons  aujourd’hui vont s’accroitre inexorablement au cours des prochaines décennies si nous ne faisons rien. Ce sont alors des millions de clandestins qui tenteront, au péril de leur vie, de rejoindre l’Europe pour fuir la famine, la guerre et la misère. Tenter d’empêcher ces populations, qui n’ont plus rien à perdre, de rejoindre nos côtes, serait par ailleurs vain et inhumain. Face à cet afflux massif, quelques places supplémentaires d’hébergement d’urgence semblent dérisoires.

Face à ces vagues de migrants clandestins, que nous ne pouvons accueillir, la France et l’Europe n’ont qu’une seule option : celle du développement des pays du tiers monde et de l’Afrique en premier lieu.

Il est de notre responsabilité, vis-à-vis de ces pays en proie à la guerre, à la misère, au chômage et à la famine, d’agir dès maintenant et massivement en faveur de leur développement, dont les pays développés seront également, à terme, bénéficiaires.

J’ai donc demandé au Ministre des Affaires étrangères et du développement international de m’indiquer quel plan réellement « ambitieux » la France entendait mettre en œuvre dès à présent, aux côtés de ses partenaires européens, en faveur du développement des pays du tiers-monde et de l’Afrique en particulier.

Article posté le 25 juin 2015